07.10.2016 Les évolutions du réseau bus décidées par le STIF

Logo CALa décision prise par le Conseil du STIF cette semaine sur les évolutions du réseau bus comporte plusieurs volets qui appellent différents commentaires.

  • D’abord, il y a une volonté affichée d’améliorer l’attractivité du réseau bus en termes d’accessibilité, d’intermodalité et de fluidité, et de développer l’offre globale sur ce mode.

On ne peut que partager cette ambition. Il faudra vérifier si les moyens financiers sont bien au rendez-vous et permettront de tenir cet objectif.
Pour ce qui concerne la RATP, il faut rappeler que le plan BUS 2025 comportait deux volets : un volet de transition vers le bus propre dont nous avons déjà abondamment parlé à notre Conseil, mais aussi un volet « Service » où la RATP devait être force de proposition et animer un groupe de travail avec des élus afin de réfléchir aux moyens de donner au mode bus en Ile-de-France un nouvel essor.
Nous n’avons pas eu de retour à notre Conseil sur ce dernier volet. Nous aimerions donc savoir où en est cette réflexion et comment elle s’articule et va s’articuler avec la mission confiée au Directeur général du STIF.

  • Un deuxième aspect notable est le renforcement envisagé du réseau Noctilien.

Cette orientation est la bonne et en tout cas préférable à l’hypothèse d’un nouvel allongement des plages de fonctionnement du métro. Il faut rappeler que le métro a été prolongé il y a plusieurs années d’une heure sur l’ensemble des lignes, que son horaire de fermeture le week-end (2h15) est de ce fait aujourd’hui un des plus tardifs dans le monde. Il fonctionne par ailleurs toute la nuit plusieurs fois par an.
Généraliser cette ouverture du métro toute la nuit à tous les week-ends comme le demande la Ville de Paris n’apparaît ni nécessaire, ni raisonnable. Les chiffres de l’étude commanditée par le STIF montrent en effet que la demande de mobilité au-delà des plages déjà assurées est faible, et que les coûts d’une telle solution seraient en revanche prohibitifs (100 M€ / an).
Pour répondre aux besoins de mobilité nocturne, Noctilien est l’outil le mieux adapté. C’est vrai pour les Parisiens et encore plus pour les banlieusards qui ne sont que très partiellement desservis par un métro. Une étude récente de l’IAU-IDF sur les transports de nuit dans les grandes villes a d’ailleurs montré que c’est ce type de solution que la très grande majorité de celles-ci a choisi de privilégier.

  • Enfin, il y a le remaillage du réseau de bus parisien. C’est une bonne chose. Il existe en effet dans le réseau actuel d’importants déséquilibres au détriment des arrondissements périphériques, en premier lieu les 19° et 20° arrts. L’idée de prolonger certaines lignes en banlieue et de casser ainsi la barrière du boulevard périphérique est également positive.

Dans le nouveau réseau, la moitié des lignes serait conservée en l’état, une autre moitié serait modifiée, parfois assez sensiblement, et une nouvelle ligne, le 71, serait créée entre Porte de la Villette et Gare d’Austerlitz (ou la Grande Bibliothèque).
La question centrale posée pour la RATP est d’obtenir l’assurance que la gestion de l’ensemble des lignes du nouveau réseau lui sera bien confiée sans appel à la concurrence. Nous souhaitons savoir quelle stratégie la direction a mise en oeuvre sur cette importante question et s’il est garanti que la RATP soit toujours demain l’opérateur du réseau de bus parisien.

Auteur: CGT_admin

Partager cet article :
%d blogueurs aiment cette page :