19.02.2016 Nous constatons régulièrement lors de l’analyse des comptes de la CCAS la progression du cout du risque AT/MP.

Logo CCASDéclaration CGT-RATP des administrateurs salariés
Les objectifs qui découlent du plan d’entreprise et des orientations stratégiques sont pour certains particulièrement difficiles voire inatteignables à atteindre.
Vous le savez il en résulte une augmentation des rythmes, charges et cadences de travail qui nécessairement induisent un risque plus prononcé de fréquence et de gravité des accidents de travail en raison d’organisations de travail que nous considérons pathogènes.
Nous constatons d’ailleurs régulièrement lors de l’analyse des comptes de la CCAS la progression du cout du risque AT/MP.
Lors de nombreuses déclarations, les administrateurs CGT ont tenté de sensibiliser la direction et ses représentants à la nécessité de mettre en œuvre une prévention de haut niveau, seule garante de résultats pour la RATP mais aussi pour les agents qui rappelons le sont les victimes des accidents, et doivent vivre après avec des séquelles parfois désastreuses.
Nous pointions également dans nos déclarations le risque de voir se développer la sous déclaration, voire la non déclaration des AT au regard du peu de budget consacré à la prévention.
Afin d’illustrer notre propos, nous allons vous donner connaissance d’un échange de mail dont nous avons anonymement été les destinataires entre un chef d’unité dont nous tairons le nom et l’un de ses cadres à propos d’une déclaration d’accident de travail.
Avant tout il nous faut préciser notre volonté de taire les noms car l’objectif de notre déclaration est bien de décrire une situation et non pas de désigner des pseudo coupables qui de notre point de vue sont en difficulté pour atteindre les objectifs qui leurs sont assignés.

Donc nous citons :

Le directeur : « En aucune manière une déclaration ne doit obligatoirement être remplie de suite, on changer ça de suite pour toute l’unité.
Pour le discours, on en parle jeudi parce qu’effectivement, tu te doutes qu’on est sur des œufs mais c’est aussi le peps de nos métiers !!!, te concernant et connaissant ta maestria managériale, je ne doute pas que tu saches faire ! »
Le cadre : « Je suis ok sauf que nous ne sommes pas toujours présents donc il faut que la partie deal soit faite l’agent de maitrise au moment même où l’agent veux déclarer et que l’agent accepte le deal !
Je breaf mes agents de maitrise sur le doigter car attention aux dérives du type j’ai mal au dos, tu me file un ou deux jours ou je déclare un at ! »
Le directeur : « Ce n’est pas la bonne méthode, il me semble que cet agent est multi récidiviste ?
Quand il arrive cela, il faut dire à l’agent de venir te voir, discuter avec lui longuement et voir avec lui s’il est possible de lui accorder du repos, du type, une journée direction et une à lui, on sera toujours gagnant à tout point de vue à chaque AT, il faut intercepter l’agent avant qu’il aille consulter, technique parfaitement rodée sous d’autres cieux, on en parle jeudi. Il n’y a qu’à ce prix qu’on fera baisser le nombre d’AT avec arrêt.
Je pense déjà qu’on va limiter le droit d’établir des DAT aux adjoints. »
Après ces échanges…
Nous n’osons pas croire qu’il s’agisse de consignes mais plus de dérives individuelles et il appartient à la direction générale et à la présidence d’y mettre un terme.
Il est nécessaire, de rappeler aux unités le rôle de chacun qui est parfaitement décrit dans l’IG506B, l’employeur déclare dans les 24H et la CCAS statue.
De plus, la RATP est dotée d’un code de l’éthique qui décrit bien ce qui ne fait et ne doit pas faire partie des pratiques dans l’entreprise. Il n’est par conséquent pas permis de recourir à des pratiques illégales pour atteindre des objectifs.
Alors nous posons, la question que devient la prévention ?
Que deviennent les droits élémentaires des agents ?
Que deviennent leurs droits à la prise en charge ou à la réparation ?
Dans cette affaire nous considérons que les codes du travail et de sécurité sociale sont bafoués et qu’une telle pratique pourrait même constituer une infraction pénale.
D’ailleurs dans ce genre de cas le comité nationale de lutte antifraude considère qu’il s’agit ni plus ni moins de fraude.
Alors Madame la directrice, vous qui, aidée de vos services, êtes toujours prompte à sanctionner la fraude, nous vous invitons à engager une action auprès de l’ensemble des directeurs qui de notre point de vue et question de facilité pourraient tomber dans ces travers.
Enfin, permettez-nous d’émettre les plus grandes réserves quant à l’attribution, preuve en est, du label TOP MANAGER à l’entreprise qui dans les faits apparaît désormais comme de la poudre aux yeux.

Auteur: CGT_admin

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