25.05.2016 Déclaration en séance

Après plus de deux mois de mobilisation des salarié-es, des jeunes, des privé-es d’emploi et des retraité-es, la mobilisation se poursuit et s’amplifie contre le projet de loi Travail.
Cette semaine, le développement d’actions, de grèves dans de nombreux secteurs et de blocages pour obtenir le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, montre que la détermination reste intacte.
L’opinion publique reste d’ailleurs massivement opposée à cette loi Travail.
Après l’utilisation autoritaire du 49.3 par le gouvernement, la majorité des Français s’est exclamée : il a osé !
Après le mépris envers les nombreux manifestants mobilisés depuis des mois contre le projet de loi El Khomri, ainsi qu’à l’égard des 74% de Français qui rejettent ce texte de destruction sociale, le gouvernement fidèle aux injonctions de Bruxelles et du patronat, a décidé de recourir à l’article 49.3 de la constitution.
Ce nouveau coup de force gouvernemental nous a donc contraints à amplifier l’action pour l’avenir de notre droit du travail, même à la RATP !
Loin de provoquer ce que recherche sans doute à créer ce coup de force (la démotivation et le sentiment d’impuissance de l’action), cette décision du Premier ministre confirme au contraire la fébrilité, l’échec et l’aveu de faiblesse de ce gouvernement.
Cette détermination libérale à vouloir briser notre modèle social (droit du travail, protection sociale, retraite, services publics, territoires) est une catastrophe politique, économique et sociale sans nom. D’autres choix sont possibles (sécurité sociale professionnelle, 32 h …), ils sont exprimés depuis des mois lors des manifestations, actions et mouvements qui jalonnent notre pays.
Le gouvernement n’a pas d’autre issue que celle du dialogue avec les organisations qui luttent pour le retrait de ce projet de loi et pour être écoutées sur les revendications qu’elles portent. C’est pourquoi les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, UNEF, UNL et FIDL en appellent solennellement au Président de la République.
Des secteurs professionnels sont engagés dans un mouvement de grève reconductible, d’autres comme à la RATP à l’appel de la CGT vont entrer dans l’action. Les organisations de l’intersyndicale appellent le 26 mai et le 14 juin prochain (début des débats au Sénat) à 2 journées d’actions sous des formes diversifiées dont les manifestations.
L’intersyndicale a aussi décidé également une grande votation dans les entreprises qui se déroulera dans les semaines à venir en parallèle au débat parlementaire afin de poursuivre avec les salarié-es les débats sur la loi Travail, obtenir le retrait de ce texte pour gagner de nouveaux droits permettant le développement d’emplois stables et de qualité.
La loi doit notamment préserver la hiérarchie des normes, élément protecteur pour tous et toutes les salarié-es.
Vous l’avez lu et entendu depuis ce week-end, la CGT-RATP a décidé de remettre aussi au goût du jour la question du salaire, notamment celui que l’on dit socialisé.
Car Pour la seconde année consécutive, l’indice salarial n’est pas augmenté à la RATP, malgré un résultat record net de 355 millions d’euros en 2015, c’était déjà 285 millions d’euros en 2014 !
Par ce gel salarial, l’entreprise bloque volontairement les augmentations générales pour mettre en place des primes (qui ne financent pas ou très peu notre protection sociale), pseudo compensations des dégradations des conditions de travail.
L’entreprise argumente sur une augmentation annuelle de 2,2 % de la masse salariale, c’est aussi ce qu’elle colporte dans les médias, or, la réalité est bien différente : ce chiffre est une moyenne et si certains voient leur augmentation être bien supérieure à 2,2 %, pour le plus grand nombre c’est en deçà, voir nul ! Nous le verrons d’ailleurs en détail lorsque nous aborderons ensemble le bilan social.
Après plusieurs journées d’action : le 9 mars, le 11 mars, le 31 mars… et face au blocage de la direction, la CGT-RATP a donc déposé un préavis de grève illimitée à compter du 2 juin 2016 pour obtenir la réouverture des négociations salariales.
Si la direction reste arc-boutée sur sa position, nous n’avons pas l’intention de faire une trêve « événementielle » dans les semaines à venir, Euro 2016 inclus.
Notre préavis couvre l’ensemble du personnel et des services de l’entreprise, avec des modalités d’action les mieux adaptées à chaque service qui seront mises en œuvre.
Nos détracteurs nous diront : « quel rapport entre ces 2 sujets ? ». Vous l’avez bien compris, nos revendications salariales et le retrait de la loi Travail sont les deux faces d’une même médaille. L’objectif est de rogner sur les droits des salariés. Le gouvernement ne fait que pondre des lois régressives et en parallèle il bloque les salaires des entreprises publiques dont il est 100% propriétaire. Comme rappeler plus haut, c’est le salaire socialisé qui ouvre le droit de bénéficier à la protection sociale. Un haut niveau de financement, c’est la garantie de couvrir nos besoins en soins et de retraite.
Doit-on rappeler que les salaires des agents partent pour l’essentiel dans l’économie réelle. Ils doivent répondre à des dépenses incompressibles de leurs foyers tels que les loyers ou les crédits immobiliers, mais aussi les fluides, les assurances et pour une grande partie dans un budget voiture pour venir travailler. C’est peut-être anecdotique mais savez-vous aussi que les aides pour gardes d’enfants sont indexées sur le point statutaire. Comme il n’a pas augmenté depuis 2 ans, les aides non plus ! Vous comprendrez notre attachement à renouer rapidement avec une politique autour du salaire statutaire qui structure une cohérence salariale.
Vous vous souvenez de la levée de bouclier lors de la précédente séance où quasiment toutes les organisations syndicales autour de cette table dénonçaient  la tentative de fichage des agents du RER A.
Un nouvel épisode vient d’être mis à jour et cette fois-ci à M2E. L’obsession de la courbe, pas du chômage mais des accidents de travail pousse certaines directions à des méthodes dont leur caractère est à la fois inacceptable et illégal.
Lorsqu’un agent est victime d’un accident du travail, la direction de l’unité préconise au manager d’intercepter l’agent avant qu’il aille consulter et discuter longuement avec lui pour qu’il accepte le deal de bénéficier d’une journée direction et d’un repos pris sur son compte pour qu’il se repose. Les termes « intercepter », « longuement » et « deal » sont tirés des écrits réels dont nous avons en notre possession. Ils sont révélateurs d’un dispositif bien rodé tels une notice ou un mode d’emploi.
Cette direction en mode « apprenti sorcier » semble s’inquiéter de la santé de l’agent mais encore plus de la santé financière de son unité au regard des pénalités provoquées par des AT reconnus. Avouez encore une fois que nous sommes face à une dérive qui appelle à s’interroger fortement sur la politique RH de notre entreprise.
Même si à la suite d’une alarme sociale déposée par la CGT, la direction du département a reconnu les faits et désapprouve fermement  ce type de pratique. L’ouverture à la concurrence fait perdre la tête à certains. L’image d’entreprise citoyenne est encore une fois écornée par un management décomplexé de certains qui a été expérimenté dans certaines entreprises, ayant fait la Une des journaux il y a quelques années,  qui, si les représentants des salariés n’étaient pas vigilants et intervenus, les agents seraient exposés à de graves conséquences pouvant affecter leur santé physique et psychique.

Author: CGT_admin

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