30.08.17 Déclaration CGT-RATP

Au fond, Emmanuel Macron n’a pas complètement tort. Les Français « détestent » les réformes. Surtout celles qui les appauvrissent ou les mettent socialement en danger.
Il y a dans la phrase présidentielle un mélange de provocation et de naïveté. Emmanuel Macron fait partie de cette génération qui croit que la communication peut tout. Faire croire, par exemple, que la loi travail est un progrès social, c’est comme faire croire que Pierre Gattaz est un syndicaliste ouvrier. Le coup de la pédagogie ne fonctionne plus.
En effet après les pseudos concertations de ces dernières semaines, le gouvernement va dévoiler à 12h00 le contenu de ses ordonnances et il ne fait plus aucun doute de ses velléités, après les lois Rebsamen, Macron 1 et 2 et El Khomeri en 2016, de finir son opération destructrice du code du travail et des protections minimales des salariés.
Le Canard Enchainé titrait ces jours derniers : « encore une petite « Médefication » ! » car la nouvelle réforme du code du travail promise par ordonnance sera la poursuite de la logique de ces réformes précédentes, comme s’en félicite le patronat, en allant encore plus loin dans la dérèglementation sociale, l’impossibilité de se défendre et de s’organiser collectivement pour s’opposer aux logiques financières des directions d’entreprises.
Toutes autres argumentations, notamment celle visant à faire croire que licencier plus facilement favoriserait l’emploi, ne sont que des balivernes camouflées par des éléments de langage habillés de fausse modernité qu’aucune étude sérieuse ne vient confirmer.
Dans notre secteur d’activité, les difficultés de financement des réseaux de transport par les collectivités, amplifiées par l’annonce de nouvelles suppressions de dotations aux collectivités locales par l’état, imposent des recherches de productivité et d’économie par les entreprises de transports et les autorités organisatrices de la mobilité.
Ce sont malheureusement les salariés qui vont être les variables d’ajustement de ces politiques à travers soit leur emploi, soit leurs conditions de travail, soit le niveau de leur rémunération. La RATP a su innover dans ce domaine en ayant recours à des réorganisations permanentes des services, facteurs non dissimulés de suppressions de postes, d’intensification des tâches, etc.
La loi travail 1, renforcée par les nouvelles mesures annoncées de la loi travail 2, vont nous placer dans des situations où l’entreprise, sous l’emprise du chantage à l’ouverture à la concurrence, va vouloir faire signer des accords dérogatoires aux règles sociales en vigueur dans notre entreprise pour augmenter la productivité.
Les agents ne sont pas à l’abri des conséquences de ces ordonnances ! L’habitude a été prise par les pouvoirs publics de niveler par le bas les droits sociaux à chaque réforme.
Mais la CGT ne se contente pas de s’opposer. Elle revendique un code du travail du 21ème siècle, protégeant et garantissant des droits à tous les travailleurs :

  • Garder et améliorer notre système de protection sociale, en appliquant par exemple la loi sur l’égalité salariale femme / homme;
  • Garder le principe de faveur, toutes les négociations ne peuvent qu’améliorer la loi, les salaires et les conditions de travail des salariées ;
  • Donner plus de droit aux instances du personnel (DP, CHSCT, CDEP, CE…) et sûrement pas les fusionner ;
  • Imposer une sur cotisation pour les entreprises ayant recours abusivement au CDD pour sortir les millions de salariés de la précarité ;
  • Réduire le temps de travail à 32h pour travailler toutes et tous et travailler moins et mieux.

Pour la CGT, vous l’avez compris, nous n’avons d’autre alternative pour nous faire entendre que de nous mobiliser dans la grève et dans les manifestations ! Ce sera le cas ce 12 septembre prochain. Un préavis de grève CGT-RATP a été déposé auprès de la direction générale et couvrant l’ensemble du personnel et des services.

Auteur: CGT_admin

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