31.01.2018 Déclaration CGT-RATP

En ce dernier jour du mois de janvier mais néanmoins encore début d’année, nous n’échapperons pas à la tradition de vous présenter au nom de la CGT RATP nos vœux les plus sincères. Vœux de santé et de bonheur pour vous et vos proches, vœux de réussite pour vos projets personnels.
 
On serait tenté de souhaiter 2018 moins pire que 2017 tant l’année qui vient de s’achever a été lourde de conséquences pour les salariées de ce pays.
 
Malheureusement les ordonnances MACRON devaient faciliter l’emploi… Mais comme l’avait dénoncé la CGT, c’est tout le contraire qui se passe. L’idée que licencier plus facilement aiderait à lutter contre le chômage pourrait être risible si elle n’allait pas encore provoquer des drames humains…
L’encre des textes de loi sur l’élargissement des modalités facilitant les ruptures conventionnelles a tout juste eu le temps de sécher que de nombreuses entreprises s’en servent dès aujourd’hui pour « dégraisser » leurs boîtes.
C’est la première mesure de la loi MACRON à se mettre en place. Sans surprise pour la CGT, la Ministre du travail comme le Premier Ministre ont été mis au pied du mur et ont dû admettre, que contrairement à ce qui a été affirmé, cette Loi n’allait pas créer plus d’emplois et qu’elle consistait clairement à enlever ce que le patronat considère comme des freins et ce que, nous, nous appelons des conquêtes sociales et des dispositifs de protection collectifs et individuels des salariés.
Bien plus que l’obsolescence de téléphones portables ou d’imprimantes, c’est celle du modèle social français qui est programmée par le capital et la politique jupitérienne du président Macron.
C’est ainsi que le 21 décembre, la direction a convié les OS à une réunion d’information sur la mise en place d’une journée de carence à la RATP en cas d’arrêt maladie, suite à un amendement adopté en catimini, le 20 Novembre dernier, à l’Assemblée Nationale.
La dimension populiste et démagogique de cette démarche n’a d’égal que l’inefficacité sociale et la volonté de stigmatiser les fonctionnaires et les agents des entreprises publiques.
Cette mesure est inutile et inefficace. C’est ce que démontre une étude de l’INSEE de novembre 2017 portant sur la mise en œuvre d’un jour de carence pour arrêt maladie instaurée dans la fonction publique du 1er janvier 2012, puis supprimé au 1er janvier 2014. D’après l’enquête, la mise en place de ce dispositif n’a pas significativement modifié la proportion d’agents de la fonction publique de l’Etat absents pour raison de santé une semaine donnée. En revanche, la mesure a modifié la répartition des absences par durée. En particulier, les absences pour raison de santé de deux jours ont fortement diminué, tandis que celles d’une semaine à trois mois ont augmenté.
Et à l’image du nouveau gouvernement, la direction de l’entreprise est décomplexée. A cette mesure injuste, l’entreprise pointe administrativement chaque agent victime d’un accident de travail en maladie pour lui infliger un jour de carence alors que la loi n’en prévoit pas. Après constat suite au remontés des agents, une question nous vient à l’esprit : Qui dans l’entreprise se permet ce cynisme de donner cet ordre, aux équipe RH dans les unités, d’appliquer une mesure illégale ?
Peut-être cela vient-il du département GIS dont nous avons été nombreux à visionner les vœux en vidéo. Nous ne porterons pas de jugement sur la qualité de la réalisation et de la mise en scène. A la CGT nous avons toujours impulsé la pratique amateur dans le domaine artistique comme culturel.
Ce qui nous a interpellé ce sont les paroles de cette incroyable chanson. 2018 sera magique !
Effectivement 2018 sera peut-être magique ! Mais pas pour tous, les salariés de la CCAS vont le vivre avec la suppression de la moitié des effectifs soit 68 postes. Les agents de ce même GIS le voit aussi avec près de 3% de baisse des effectifs (16 postes, 6 cadres et 6 maîtrises…)
La liste ne se limite malheureusement pas à ces situations :

  • La mise en place de la journée de carence, C’EST MAGIQUE.
  • La baisse du nombre de jours soins enfants, C’EST MAGIQUE.
  • L’abaissement de l’âge des enfants de 16 à 13 ans pour le droit aux soins enfants, C’EST MAGIQUE.
  • La casse de notre régime spécial, C’EST MAGIQUE.
  • Nos salaires augmentant moins que l’inflation, C’EST MAGIQUE.

Personne n’est dupe, la mauvaise trajectoire que prend la RATP s’inscrit dans un éclatement de l’entreprise, à commencer par vider le statut du personnel. Cela en même une obsession !
Certes, tout cela conformément aux choix politiques gouvernementaux de ces dernières années et aux choix des Etats qui, au niveau de l’Europe visent à la remise en cause des entreprises publiques et des modèles sociaux, mais aucune de leurs recettes n’a servi efficacement les populations et améliorer les conditions de travail des personnels.
A l’éclatement de l’entreprise, nous répondrons par la cohésion des organisations syndicales et œuvrer au rassemblement des salariés. Nous continuerons à agir pour gagner de nouveaux droits sociaux, pour la protection des salariés, pour une société plus juste, pour des services publics de qualité répondant aux besoins des populations.
Pour la CGT, il n’y a pas de fatalité à la mise en œuvre de cette politique funeste pour le service public.
Encore une fois malgré tout, très bonne année à toutes et à tous. Que cette nouvelle année soit synonyme de progrès social et de victoires pour les salariés.

Auteur: CGT_admin

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