CA du 23 juillet 2014 : renouvellement du PDG

pierre-miniLes salariés de l’entreprise se sont exprimés le 27 mai dernier pour élire leurs représentants au C.A. et nous profitons de l’occasion pour les remercier de leur confiance renouvelée. Aujourd’hui, c’est dans son ensemble que le Conseil est réuni pour un nouveau mandat de 5 ans.

La nomination du PDG par le Conseil, sur proposition du Président de la République et du Parlement, est un acte politique important.Il s’agit de s’assurer de la bonne réalisation des missions confiées à l’entreprise par l’Etat.
Le mandat à venir s’inscrit dans un contexte marqué par des évolutions majeures tant européennes que nationales, notamment avec la perspective, à travers le projet du Grand Paris Express, d’un nouvel et salutaire essor du réseau de transports publics francilien et la renégociation du contrat STIF : autant de facteurs appelant à une vision stratégique pour la RATP et le service public.
C’est dans ce cadre que nous considérons que la gouvernance d’une entreprise publique comme la nôtre doit aussi s’appuyer sur l’expertise des salariés qui, au sein du CA, ont un rôle particulier conjuguant connaissance de l’entreprise et de ses métiers et attachement aux valeurs du service public.
Pour notre part, nous portons une vision politique qui conforte et pérennise le caractère public, national et intégré de la RATP et d’un statut du personnel de haut niveau. Les évolutions récentes du secteur des transports nous confortent dans cette conviction. La décision de Véolia, numéro un mondial du secteur, de se retirer par manque de rentabilité (et ses difficultés à concrétiser ce retrait) illustre l’échec des dogmes libéraux qui ne jurent que par la privatisation et le tout-concurrence. A l’opposé, pensons au rôle majeur joué par la RATP dans l’émergence du projet Grand Paris Express, à l’intervention décisive qui a été la sienne dans plusieurs dossiers industriels récents ou pour construire un nouvel avenir à l’ingénierie française du transport avec SYSTRA, ou encore pour relayer l’objectif gouvernemental sur les emplois d’avenir : c’est bien son statut public qui a rendu tout cela possible !
Aujourd’hui, l’Etat, la région, les collectivités territoriales, soit directement, soit au travers de l’autorité organisatrice, doivent se servir de la RATP pour ce qu’elle doit être : le « bras armé » des politiques publiques en termes de mobilité et d’aménagement du territoire, prioritairement en Ile-de-France, mais aussi en matière de relance économique, de création d’emplois et de reconquête industrielle.
Ces objectifs impliquent une réorientation de la politique d’entreprise telle que définie dans l’actuelle lettre de mission datée de fin 2012. Si l’emploi est une priorité nationale, si l’amélioration des transports au quotidien est une préoccupation centrale, on ne peut pas accepter que la RATP continue à supprimer des postes de travail comme elle l’a fait ces dernières années, avec une perte nette de 1500 emplois depuis 2009 malgré une croissance significative de l’offre. Nous demandons par conséquent une nouvelle lettre de mission de l’Etat au PDG.
Rien ne se fera sans les agents et leur mobilisation. Celle-ci passe par la promotion des valeurs du service public et par une politique sociale de haut niveau, tant en termes d’emploi, de rémunération, de formation professionnelle, de conditions de travail que de protection sociale.
Nous entendons également porter, dans ce Conseil et au-delà, des propositions pour régler les problèmes de financement du système de transports francilien. On ne peut pas en effet continuer à faire payer aux personnels le prix d’une dette dont la responsabilité revient à l’Etat, ni l’insuffisance de moyens dont pâtit aujourd’hui le STIF. De nouvelles ressources doivent être recherchées, en premier lieu en mettant à contribution les profits des entreprises. Alors que vont s’engager les discussions avec le STIF, il faut redire qu’on ne pourra pas répondre à l’amélioration, tant attendue par les usagers et les élus, du niveau et de la qualité du service offert sans remettre en cause la logique de productivité destructrice d’emplois qui est au coeur du contrat actuel.
C’est dans ce cadre, au regard des enjeux de la période comme de ceux à venir, et en pleine responsabilité, que nous participerons au vote qui va avoir lieu. La proposition du gouvernement concernant le renouvellement de Pierre MONGIN à la tête de la RATP n’amène pour nous pas de réserve sur la personne. Notre abstention est l’expression de notre exigence d’une réorientation de la politique menée à la RATP.

Consultez nos autres déclarations 

picto-pdf DECLARATION DE LA CGT RATP LORS DU CA DU 23 07 14 SUR RENOUVELLEMENT DU PDG

Author: union_admin

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