Energie RATP : le marché de dupes ?

wb_E11C8BB9393D4DDD8DE17CDBC73A0921La RATP renouvelle son marché de l’électricité… L’exigence de critères sociaux a fait reculer la Direction de la RATP… Le gouvernement doit aujourd’hui lui aussi prendre ses responsabilités !
Les salariés de E.on en France (SNET) sont en lutte car plus de 500 d’entre eux sont menacés de licenciements, une
première dans la branche des Industries Électriques et Gazières.
Après avoir empoché les subventions de Bruxelles pour moderniser l’appareil industriel, l’électricien allemand veut mettre
la clé sous la porte de 5 des 7 unités de production thermiques classiques qu’il possède en France. Ses dirigeants ont
une attitude scandaleuse avec les salariés et leurs Organisations Syndicales : chantage, licenciement, non respect des
décisions de justice.
Dans le même temps, la RATP, entreprise 100% publique, avait à son ordre du jour vendredi dernier le résultat de son
appel d’offres pour la fourniture électrique de l’entreprise.
Le fournisseur sélectionné pour ce marché de près de 200 millions d’euros est… E.on !
N’y-a-t-il pas une contradiction flagrante à ce que celui qui gagne le marché, qui plus est d’une entreprise publique, soit
celui-là même qui ferme la majorité de ses moyens de production en France ?
Comment E.on pourra-t-il remplir son contrat ? Avec quelle production électrique ? Celle qu’EDF est obligée de céder à
ses concurrents au travers de la loi Nome ? Celle produite par un barrage hydraulique si ceux-ci sont ouverts à la
concurrence ? Ou encore celle produite par une centrale à charbon qu’E.on possède de l’autre côté du Rhin ?
L’image de la concurrence libre et non faussée saute au visage : gâchis social, incohérence environnementale, saccage
industriel.
Alerté par les administrateurs salariés CGT de la RATP, la FNME-CGT et la Confédération ont fait pression auprès du
gouvernement pour qu’il intervienne afin que ce point ne soit pas discuté lors du dernier Conseil d’Administration.
Ainsi, grâce à la connaissance des dossiers par la présence de salariés dans les CA, forte des réseaux permis par les
liens dans son organisation, la CGT a obtenu que la délibération de ce point soit repoussée à une date ultérieure.
La question de l’emploi est au coeur des enjeux de la période, ce doit être un des critères prioritaire lors des passations de marché, particulièrement lors de marchés via des entreprises 100% publiques comme la RATP,
Ce dossier confirme la pertinence de représentants des salariés dans les conseils d’administration, ils doivent voir leurs
prérogatives s’élargir, notamment par un droit de veto concernant les dossiers stratégiques majeurs, comme celui-ci.
Nous suivrons de près ce dossier, afin qu’une entreprise qui a un comportement social, industriel, environnemental
inacceptable ne puisse pas par ailleurs remporter des appels d’offres, ni même être candidate pour ces marchés, d’autant plus dans des entreprises où le gouvernement à la main.
La FNME-CGT et la CGT-RATP portent l’exigence que les intérêts sociaux des salariés et les intérêts stratégiques en matière d’énergie prenne le pas sur les considérations purement financières, d’autant plus que dans ce dossier, E.on « coûte » à la collectivité au regard des millions d’euros d’argent public dont ce Groupe privé a bénéficié sans qu’il mette en oeuvre ce pourquoi ces subventions lui on été allouées.

Auteur: union_admin

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