21 06 2018 Nouveau Président, nouvelle réforme des retraites !

Depuis des années notre système de retraite a subi bien des attaques sur ce conquis social qui instaure un salaire continué après la cessation d’activité, comme l’assurance maladie instaure un salaire continué en cas de maladie, invalidité… .

Mais c’est la première fois qu’il y a une volonté d’une réforme systémique. Faire table rase pour instaurer un système dont la vraie nature se cache derrière un slogan : « Un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous ».

La tactique se dessine : rester flou, obscure et incompréhensible pour que les gens ne retiennent justement que le slogan, qui donne une impression d’un système juste et équitable.

Les discussions, qui ont eu lieu entre la CGT et le Haut-Commissaire Jean-Paul Delevoye, n’ont d’ailleurs pas permis de connaître toutes les intentions du gouvernement.

Rien sur le nombre d’années de cotisations, d’âge d’ouverture des droits, de mode de calcul de la pension… .

Lorsque l’on commence à gratter le vernis publicitaire de cette nouvelle attaque des conquis sociaux par les libéraux, nous comprenons mieux leur volonté de ne pas trop en dire.

La retraite par points est par nature inégalitaire puisque par « capitalisation » individuelle. De fait, l’âge de départ à la retraite ou le montant de pension, entre autres deviennent aléatoires. Le niveau de pension pouvant même varier à la baisse, une fois les droits liquidés.

Le premier but est donc bien de faire travailler les salariés plus longtemps et de baisser le niveau des pensions.

Cette réforme va aussi devenir rapidement anxiogène et, devant tant d’incertitude, les français, à grand coup de marketing, vont être poussés vers des systèmes de retraites complémentaires prenant une place de plus en plus importante. Voir à terme un glissement de la retraite par points vers un système de retraite par capitalisation 100% privé.

Le deuxième but, le but ultime même, est bien de servir à la finance sur un plateau les milliards que représentent les cotisations retraites.

Bien qu’avançant masqué, dans cette nouvelle Macronade, pas de hasard !

Nous faisons connaissance aujourd’hui avec le nouveau Président de la caisse, au moment même où la cour des comptes audite la CRP mais aussi, curieusement, les caisses de retraites de l’énergie et de la SNCF.

Une Cour des comptes qui, au service du gouvernement, doit rendre ses audits d’ici le début de l’été alors que les premières annonces sur les retraites devraient avoir lieu courant juillet.

Dans le même temps une « grande consultation citoyenne », dirigée et orchestrée par le gouvernement,  a lieu sur le sujet.

Pourquoi tant de hâte, de secrets et de coïncidences alors que les retraites sont « assurées » jusqu’à 2040 ?

Pour la CGT, une nouvelle réforme doit renouer avec le mieux disant social. Le COR vient de rendre public son rapport annuel dans lequel il pointe que l’application des règles issues des réformes régressives successives conduirait à une dégradation considérable de la situation des retraités.

Pourtant elles vont continuer jusqu’au coup de grâce, la retraite par points.

La CGT, syndicat de lutte et de progrès, a présenté ses propositions au Haut-commissaire le 12 juin 2018 en matière de droits familiaux et conjugaux, éléments indissociables de la retraite.

Il est temps de faire une réforme répondant aux besoins de la population et en particulier réduisant les inégalités entre les femmes et les hommes à la retraite. Tous les dispositifs familiaux et conjugaux, indépendamment de la réforme systémique des retraites, doivent donc être rendus plus justes et améliorés.

Mais une réforme des droits familiaux ne saurait être construite sans une forte hausse du minimum de pension, que la CGT revendique au Smic, pour une carrière complète, et une compensation du temps partiel majoritairement subi par les femmes.

Concernant les droits conjugaux, Jean-Paul Delevoye annonce la suppression de la pension de réversion suite au décès du conjoint, la CGT exige son maintien.  On sait que la disparition de la réversion dans certains pays scandinaves (Suède) a contribué à creuser un plus grand écart entre retraites féminines et masculines.

Concernant les différences entre régimes, la CGT demande la disparition des conditions de ressources et d’âge pour l’obtention d’une réversion fondée sur le maintien de la communauté de vie légale.

La CGT demande l’extension de la réversion à l’ensemble des statuts juridiques établissant une communauté de vie au sein des couples (mariage et Pacs).

L’unification des dispositifs de réversion doit tenir compte du fait que pour les femmes ayant des retraites supérieures à 1000 euros et dont le conjoint avait une retraite du privé, le pourcentage de réversion est toujours inférieur aux 50% de la réversion de la Fonction publique.

Pour les femmes ayant les retraites les plus faibles, la réversion tient vraiment compte des taux de 54% à la CNAV et 60% en retraite complémentaire. Elle propose donc de passer à une pension de réversion à 75% pour tous les régimes sans condition d’âge ou plafond de revenu.

Pour la CGT, il est absolument nécessaire de prendre le temps de réformer ces dispositifs par une large consultation de l’ensemble des acteurs concernés – au premier rang, les syndicats de salariés – pour avancer vers plus d’égalité réelle.

Pour la CGT, enfin, il est également évidant, et de bon sens, qu’avant même de s’attaquer à notre système de retraite actuel pour abaisser encore les droits des salariés le gouvernement se doit :

  • d’arrêter immédiatement les exonérations de cotisations patronales ;
  • de lutter contre la fraude patronale aux cotisations ;
  • de lutter contre l’évasion fiscale ;
  • de taxer les profits et les revenus des capitaux.

Il est en effet trop facile de crier à l’asséchement du financement de nos retraites si les fleuves qui doivent l’alimenter sont détournés !

Auteur: CGT_admin

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