RÉSULTATS SEMESTRIELS 2026 GROUPE RATP
LA DIRECTION SE FÉLICITE, LES AGENTS SUBISSENT !
La Direction se vante d’un chiffre d’affaires en hausse de +2%, de nouvelles DSP, de la montée en puissance des filiales et d’un groupe « solide ». Derrière les chiffres, la réalité des agents reste la même : sous-effectifs, charge de travail, réorganisations à marche forcée, perte d’acquis et pression constante pour tenir la production.
Si elle célèbre la mise en concurrence de l’activité Bus, la transformation du groupe et les « succès commerciaux » de RATP Dev et RATP Cap Île-de-France, elle organise surtout le démantèlement progressif du réseau historique, la fragmentation des activités et l’ouverture toujours plus large à la logique de rentabilité.
La concurrence ne crée pas du service public, elle transfère l’activité existante vers les filiales de droits privés et des nouveaux opérateurs.
Le groupe affiche une hausse du chiffre d’affaires. Son résultat net semestriel « part du Groupe » tombe de 153 M€ à 81 M€, soit une chute de 47% en un an mais la RATP maintient l’objectif budgétaire annuel avec un résultat du même niveau que celui de 2025
En raison de la privatisation de l’activité bus, les filiales montent en puissance, elles représentent désormais 38% de l’activité du Groupe, contre 31% un an auparavant. Pendant ce temps, l’EPIC reste la base productive, patrimoniale et d’investissement du groupe, 758 M€ d’investissements sur 848 M€ au total.
Le transfert de l’activité BUS aux nouveaux opérateurs, présenté comme un succès, se traduit mécaniquement par 135 millions de voyages en moins, soit -33% du trafic Bus porté par la RATP. C’est une casse organisée du périmètre RATP historique : Une dénationalisation à petit feu !
Le haut niveau de production n’est pas un miracle, il est obtenu par l’usure des équipes opérationnelles, l’adaptation permanente des agents et la mise sous tension des services.
La Direction met en avant les investissements, la modernisation, les nouveaux matériels et les projets climatiques. Mais ces choix ne répondent pas d’abord aux besoins des agents et du développement du service public de transport en IDF. Ils servent surtout à accompagner la transformation du groupe, la concurrence, les concessions et les stratégies de marché.
Nous refusons que les agents paient la facture sociale de ces choix politiques. En pleine crise climatique, alors que les vagues de canicule deviennent le quotidien des Franciliens, la RATP devrait assumer pleinement son rôle d’acteur majeur de la transition écologique et se positionner publiquement contre le démantèlement d’un outil unique assurant la gestion intégrée des mobilités collectives (bus, tramway, métro et RER).
Plutôt que de renier son héritage d’entreprise publique au service de l’intérêt général, elle devrait défendre un modèle qui permet de développer les transports collectifs en Île-de-France, de réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre et d’offrir une réponse efficace à la hausse continue du coût de l’énergie.
Les transports publics ne sont pas le problème : ils sont une partie essentielle de la solution. Gérés par une entreprise publique, ils constituent un choix d’avenir et planifié, un engagement en faveur de la biodiversité, du climat et des générations futures.
RESULTATS-SEMESTRIELS-2026-Groupe-RATP (214,6 KiB, 5 hits)

