22.03.2017 Déclaration CGT-RATP

À quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les questions économiques et sociales ont, enfin, émergé 
au sein d’une campagne qui aurait pu être dominée par le « tout-sécuritaire » et les affaires de probité de certains candidats. C‘est une dynamique à laquelle la CGT n’est pas étrangère.
Ces questions sociales sont plantées dans le décor, c’est cela l’utilité de la CGT : installer progressivement des débats essentiels au cœur de la campagne présidentielle d’abord, des législatives ensuite. D’ailleurs, les prétendants à la députation seraient bien avisés de prendre la mesure du besoin crucial des citoyens en matière de salaires, de conditions de travail et de maintien des services publics.
La CGT n’a pas à prendre position pour tel ou tel candidat, exception faite d’un parti comme le Front national parce que, là, ce sont nos valeurs qui sont attaquées. Face à la candidate du FN, la CGT a un positionnement clair : le rejet absolu de ses idées racistes et xénophobes.
Alors ne soyez pas étonné de voir émerger la CGT dans les débats lors des deux campagnes de ce printemps. Premier thème qui commence à prendre de l’importance – et c’est très bien –, le travail. C’est une porte d’entrée essentielle pour les citoyens.
Trop de personnalités politiques confondent travail et emploi. L’emploi, c’est une chose, ça se mesure, ça s’analyse, ce sont des statistiques. Le travail, c’est autre chose. Le travail, ce sont des ouvriers, des employés qui essaient de mettre en œuvre leurs compétences, leurs savoirs, leur qualification et qui se trouvent confrontés partout à des modifications de règles de travail, des processus qui vont à l’encontre du travail bien fait.
Un chiffre doit nous alerter à ce sujet. La souffrance que génère le mal-travail coûte 13 000 euros par an et par salarié dans le pays. C’est énorme ! Améliorer les conditions de travail, permettraient de faire des économies rapides sur la protection sociale. Ce levier serait aussi moins culpabilisant pour les agents travaillant à la CCAS que le chantier ouvert, appeler pompeusement, « Eléments de diagnostic sur les coûts de gestion du risque maladie de la CCAS » va impacter s’il va à son terme.
Personne n’est dupe sur le sujet. Ce dossier s’intègre dans le projet global de transformation de l’entreprise publique en entreprise de droit privé en procédant par l’élimination de ces spécificités conquises par la lutte syndicale… Régime Spécial, Statuts du personnel ou encore les Grille de salaire.
Pour opérer cette casse organisée, au passage 140 emplois à la clé, la direction s’appuie sur les données de l’IGASS datent maintenant car elles sont de 2012. Par contre elle s’abstient d’analyser une donnée essentielle, celle des dépenses de santé par affilié ; la CCAS RATP se situant à moins 386€ par ressortissant (2900 – 2514) par rapport à la moyenne nationale.
La ficelle est donc un peu grosse. Alors la CGT-RATP poursuivra son engagement auprès des salariè-es et des retraité-es pour mettre tout en œuvre afin que la direction et la CCAS finissent par renoncer à ce recul sur nos droits sociaux.
Toujours dans l’actualité, la question des salaires à la RATP semble ne pas prendre la voie de l’augmentation significative promise et cela malgré 2 années de gel de la valeur du point.
Pour la CGT-RATP l’augmentation générale des salaires est non seulement une nécessité pour la relance de l’économie, elle est aussi une question de justice sociale au regard des milliards d’euros générés par notre travail et notre investissement au quotidien !
Il n’y a aucune raison objective de minorer ainsi nos salaires, c’est un choix politique, un choix qui consiste à contraindre de plus en plus la masse salariale au prétexte d’un environnement concurrentiel…
Tenter de culpabiliser les salariés sur leur salaire est indigne d’une entreprise publique comme la nôtre. C’est oublier un peu vite combien nous apportons de richesses à la collectivité, par exemple en permettant l’investissement de plus de 8 milliards d’euros, dont 4,2 sur fond propre de la RATP, pour le développement des transports en Ile de France.
Nous rappelons ici qu’à ce jour et en l’absence de l’engagement d’organisation syndicale recueillant au moins 30% des suffrages d’agents aux élections, la direction a fait le choix d’un relevé de décision, son 49-3 à elle en quelque sorte, pour n’imposer que 0,7% d’augmentation alors que nous allons le voir ce matin dans l’examen des comptes sociaux 2016, l’argent est bien là dans les caisses. La CGT-RATP actualise donc sa demande auprès de la direction générale de poursuivre les négociations pour aujourd’hui lui demander de les ré-ouvrir dans les meilleurs délais.

Auteur: CGT_admin

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