27.05.2016 CMU Complémentaire (Déclaration CGT au CA)

En novembre 2011, il y avait à la CCAS 100 bénéficiaires de la CMUC pour atteindre en 2015 le chiffre de 160, avec 35 nouveaux bénéficiaires, soit une augmentation de 60 % en quatre ans.
Concernant le montant des prestations servies, de nouveau en 2015, nous constatons une évolution significative de 30,90%, passant de 54 522,24€ à 78 006,74€.
51 % des bénéficiaires ont moins de 20 ans, répartis entre ayants droit d’actifs et de retraités, ce qui démontre bien la précarité de nos jeunes entrants dans la vie active.
Les départements les plus touchés par cette paupérisation sont toujours la Seine St Denis suivie de près par le Val d’Oise.
Nous déplorons cette augmentation constante depuis 2011, des personnes bénéficiaires de la CMUC ainsi que de l’ACS, surtout sur les tranches d’âge à partir de 35 ans principalement du à une politique particulièrement sevère de gel de salaire, qui induit la non revalorisation des pensions de retraite.
Nous déplorons aussi la politique de l’Epic RATP, sur le non reclassement des agents inaptes à leurs emplois statutaires, les contraignants à la réforme ou la retraite lorsque leurs droits sont ouverts.
Et cela de plus en plus tôt avec pour conséquence de faibles pensions et des droits a minima.
En ce qui concerne le bilan de l’ACS, présenté à notre demande, nous constatons un nombre de bénéficiaires passant de 94 à 123. Ce qui tend à confirmer l’appauvrissement de certaines familles et ce en raison aussi d’un chômage de masse.
Trois millions de personnes auraient droit à la CMU-C et n’en bénéficient pas, et ce,
essentiellement pour trois raisons. Un, il faut effectuer les démarches, et il y a une stigmatisation des gens qui sont à la CMU-C. Etre à la CMU-C voulant dire que vous êtes pauvres, que vous êtes rentré dans un cycle de pauvreté sans espoir d’en sortir. Deuxième élément : pour faire un dossier de CMU-C, on peut aller jusqu’à  47 documents à fournir, selon les situations ! On oblige les personnes à fournir, non les originaux, mais les photocopies : quand vous êtes pauvres, les caisses  ne font même pas les photocopies pour vous. Le dossier demande énormément de temps, les agents d‘accueil n’ont plus assez de temps pour aider à les constituer avec les personnes. Elles se retrouvent seules face à un dossier hyper complexe. Et il y a l’effet du renoncement aux soins : si vous vous présentez devant un professionnel de santé en disant que vous êtes CMU-C, vous avez énormément de mal à avoir un rendez-vous. Donc, les gens ne demandent pas la CMU-C et, s’ils sont malades, ils vont à l’hôpital, parce qu’on sait que l’hôpital va soigner.
Il y a 70 ans, la création de la Sécurité sociale  permettait de rendre à chacun sa dignité en lui garantissant, quelle que soit son revenu, son statut, la même protection sociale. Aujourd’hui, on divise, en stigmatisant les plus pauvres, soit les titulaires de la CMU…
En France le contrôle des comptes bancaires des titulaires de la CMU tend à s’accentuer. Comme si les plus pauvres étaient encore trop riches, et comme s’il fallait qu’ils subissent encore plus. Personne ne sait  si demain il aura un emploi, mais lorsqu’on n’en a pas, il est légitime de souhaiter bénéficier de la CMU car c’est un garde-fou. Au niveau de la sécurité sociale, c’est la voiture balai qui permet que personne ne reste sur le bord du chemin.
On a 3 millions de personnes qui n’en bénéficient pas. Mais théoriquement, avec la CMU-C, on devrait couvrir 100% de la population.
Pour finir, c’est aussi l’occasion pour nous de réitérer notre attachement à l’attribution à chaque bénéficiaire de la CMU-C de la prestation « chèque noël ».
Enfin, au regard des difficultés sociales et de la complexité du montage des dossiers, nous réitérons notre demande de voir créer, un poste d’assistante sociale.

Author: CGT_admin

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