INTÉRESSEMENT 2026 – 2028
À QUOI JOUE LA DIRECTION ?
Une « négociation » menée au pas de charge
La deuxième audience bilatérale sur l’accord d’intéressement s’est tenue après plus de six mois d’attente depuis la première réunion de décembre 2025.
À seulement trois semaines de la date limite légale de signature, la direction accélère soudainement les discussions après avoir laissé ce dossier en sommeil pendant des mois. Une méthode qui ne favorise ni un véritable dialogue social ni l’obtention d’avancées concrètes pour les salariés.
Un nouveau critère : les accidents du travail
La direction souhaite intégrer le taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt dans le calcul de l’intéressement.
Même si ce critère ne serait pas utilisé sous la forme d’un malus, il n’en demeure pas moins qu’une partie de l’enveloppe d’intéressement dépendrait de notre prétendue capacité collective à faire diminuer le nombre d’accidents du travail au regard d’objectifs fixés unilatéralement par la Direction générale.
Autrement dit, la direction cherche à faire peser sur les salariés la responsabilité d’un indicateur qui relève pourtant directement de ses propres obligations en matière de sécurité et de conditions de travail.
Pourtant, lorsque la CGT-RATP a demandé quels moyens concrets seraient mis en œuvre pour atteindre ces objectifs particulièrement ambitieux, aucune réponse n’a été apportée : aucun plan d’action, aucune feuille de route donnée, aucun engagement précis.
Pour la CGT-RATP, les accidents du travail sont avant tout le reflet des conditions de travail et du niveau de sécurité dans l’entreprise. Leur prévention relève, en droit comme en pratique, de la responsabilité de l’employeur, et de lui seul.
Il n’existe aucune responsabilité collective des agents en matière d’accidents du travail. En intégrant cet indicateur dans l’intéressement, la direction tente une nouvelle fois de déplacer le débat et de diluer ses propres responsabilités.
Les salarié·es ne sont pas responsables des accidents du travail :
ils et elles en sont les victimes.
La direction ne souhaite aucune augmentation de l’intéressement
Selon les estimations de la direction, l’intéressement devrait se situer entre 1 400 € et 1 500 € bruts par an.
La direction ne souhaite manifestement pas augmenter significativement notre intéressement. Son projet consiste principalement à transférer une part importante de l’enveloppe aujourd’hui liée au critère de perception voyageurs vers son nouveau critère relatif aux accidents du travail.
Autrement dit, malgré des résultats financiers particulièrement favorables, aucune évolution significative du montant versé aux agents n’est envisagée.
Les revendications de la CGT-RATP
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Refus d’un accord d’une durée de 4 ans (3 ans auparavant), il est hors de question d’engager les agents sur une période aussi longue, d’autant plus lorsque de nouveaux critères sont introduits sans qu’aucune garantie ne soit apportée sur leurs conséquences futures ;
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Suppression du critère relatif aux accidents du travail ;
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Réécriture de la clause relative au supplément d’intéressement afin d’empêcher la direction de contourner les négociations ;
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Augmentation du plafond de l’intéressement de 3 % à 4 % de la masse salariale (Seuil maximum pour les EPIC). Il est inacceptable que l’intéressement soit plafonné chaque année alors que les résultats de l’entreprise progressent ;
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Suppression du critère de satisfaction voyageurs, reposant sur des enquêtes dont la méthodologie demeure largement contestable et fondées sur du ressenti plutôt que sur des critères objectifs ;
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Intégration progressive de l’intéressement dans nos coefficients statutaires ;
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Abaissement du seuil de présence permettant de bénéficier de l’intéressement à taux plein, avec un passage de 206 jours à 194 jours.
La CGT-RATP reste mobilisée
À ce stade, la direction ne dispose d’aucun mandat lui permettant de faire évoluer réellement ses propositions et bloque toute avancée significative.
La CGT-RATP refuse que cette négociation se résume à une simple consultation des organisations syndicales. Une négociation doit permettre d’aboutir à des avancées concrètes pour les salariés.
La prochaine réunion de négociation est prévue le 22 juin à 10 heures.
La CGT-RATP continuera à défendre un accord plus juste, plus favorable aux agents et à refuser que les conditions de travail ou les accidents du travail deviennent des variables d’ajustement de la rémunération.

