28.06.2017 Déclaration CGT-RATP

La France sortie des urnes dimanche 18 juin n’est plus que la moitié d’une démocratie. Un pays bancal qui a perdu en cours de route une partie de ses jeunes et de ses classes populaires.
La recomposition politique menée par Emmanuel Macron n’aura toutefois pas fait illusion longtemps sur la réalité de la politique menée par son gouvernement : c’est celle d’un ultralibéralisme assumé qui va encore un peu plus servir les intérêts des plus privilégiés, au détriment de la majorité de la population. Cette politique, pas nouvelle sur le fond, l’est sur la forme, avec la volonté de conduire la France comme une entreprise capitaliste au seul profit d’un conseil d’administration dont le Medef détient les clés.
La ministre du Travail, ex-DRH dans le secteur privé, préfère, plutôt que d’assumer la défense des salariés, importer les pratiques managériales les plus dures dans la manière de conduire la concertation autour des projets d’ordonnances.
Mais à la CGT, nous ne sommes pas dupes. Pour preuve, dans une note de conjoncture rendue publique le 20 juin 2017, l’Insee montre que les entreprises qui affirment que la réglementation du marché du travail est la première «barrière à l’emploi» n’emploient qu’une minorité des salariés des secteurs dont l’enquête a porté sur 10 000 entreprises des secteurs de l’Industrie, du Bâtiment et des Services. Pour elles, le facteur principal demeure le carnet de commandes.
Le problème, contrairement à ce que dit Macron, ce ne sont pas les « insiders » égoïstes -ceux qui ont un emploi- qui refusent de perdre des droits au bénéfice des « outsiders » -les chômeurs-. Le principal bénéficiaire de la casse des droits de travailleurs ne sera pas l’emploi : ce seront les profits et les dividendes.
Le coût du travail est un leurre. C’est bien du coût du capital qu’est malade le pays.
Notre président voudrait faire passer courant de cet été ses ordonnances. La CGT dénonce les méthodes employées par le nouveau pouvoir pour faire passer ces réformes cet été : « 6 réunions d’une heure par syndicat – qui plus est, sans aucun texte du gouvernement – ne font pas une concertation. 6 heures pour démanteler 120 ans de droit du travail conquis par les luttes sociales, voilà qui est inadmissible ! »
Parce que la CGT se refuse à marchander les droits et les protections des salariés. Elle entend faire avancer ses propositions de progrès social : augmentation des salaires, réduction du temps de travail, généralisation des CDI (…) pour travailler mieux, moins, toutes et tous.
La CGT-RATP informera tout l’été les agents et amplifiera les initiatives et les mobilisations interprofessionnelles pour faire barrage au projet Macron.
Avec leur majorité à l’assemblée le tandem Macron/Phillipe se croit tout permis. Nous avons maintenant la perspective d’une loi liberticide. Un avant-projet qui prévoit tout simplement d’intégrer l’état d’urgence dans la loi commune. En l’aggravant de surcroît de lourdes menaces sur la liberté de manifester.
Car la loi en cour sur l’état d’urgence sert définitivement davantage au contrôle social sur les citoyens qu’à contrer le terrorisme.
Nous saluons la décision du Conseil Constitutionnel, publiée le 9 juin dernier, qui porte sur les décisions préfectorales interdisant à une personne qui « chercherait à entraver l’action des pouvoirs publics » de paraître dans certains espaces privés et publics, y compris à son lieu de travail.
Le Conseil a jugé que ces interdictions de séjour sont disproportionnées par rapport à l’atteinte qui est portée à la liberté de manifester. Il censure la loi qui encadre insuffisamment ces interdictions de séjour et permet tous les arbitraires.
Et, en effet, on constate que, prétendument adoptée pour combattre le terrorisme, la loi instaurant un état d’urgence en France sert, avant tout, à combattre les luttes sociales.
Tout cela ne fait que renforcer la détermination de la CGT à lutter contre toute loi sociale régressive, de celle sur l’état d’urgence à celle sur le « travail » !
En matière de régression sociale, l’actualité c’est aussi à la RATP et c’est le cas du dossier sur « les éléments de diagnostics sur les coûts de gestion du risque maladie de la CCAS » dont nous aurons un point lors de cette séance. Les premiers milliers de signatures de notre pétition contre ce projet seront remis à la présidente de la CCAS lors du conseil d’administration qui se tiendra le 30 juin à 9h00. Les agents auront l’occasion une nouvelle fois de montrer leur détermination à préserver les postes, l’emploi à la CCAS et pour défendre notre régime spécial de protection sociale de haut niveau car ce dossier consiste en réalité à le remettre en cause.
Un autre sujet majeur en cours, celui du T9 : future ex ligne 183. La loi ne prévoit pas de mettre en concurrence cette ligne car ce n’est pas une création mais juste un changement de mode. Cette ligne doit donc rester dans le réseau RATP. Une nouvelle fois nous réitérons la demande auprès de La direction, elle doit exiger cette disposition auprès du STIF car ne rien faire c’est laisser faire !
La CGT-RATP attire l’attention de toutes et tous ici, ce sujet n’est pas seulement l’affaire des machinistes receveurs, c’est l’avenir de la RATP qui est en jeu, notre avenir à tous !

Author: CGT_admin

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